Fiche d’identité
Nom : Kovak
Prénom : Erjon [èrionn’] dit « Superman ».
Âge : 15 ans mais en paraît 12 à cause de sa petite taille.
Adresse : Tiergartenstrasse à Berlin-Ouest.
Situation : Fils unique d’une mère secrétaire au zoo de Berlin et d’un père sous-directeur au service des immondices de la ville.
Statut : Elève à la Friedensburg-Oberschule (enseignement secondaire).
Prologue
Il fait froid, en ce début de soirée. Erjon se dit qu’il y aura moins de monde au Skatepark communal. Il espère surtout que les grands qui l’embêtent chaque fois seront trop frileux pour s’y rendre également. Il a rendez-vous avec Marek son copain de classe et meilleur ami depuis toujours.
Les parents d’Erjon et de Marek sont originaires de la frontière de l’ancienne République Démocratique Allemande et de l’ex Tchécoslovaquie. À la chute du mur de Berlin, les deux familles ont pu déménager vers l’ouest et changer de profession. Ils habitent maintenant Tiergartenstrasse, à côté du Zoo de la capitale, un quartier très animé qui contraste fortement avec la grisaille de la ville du sud-est qu’ils ont fuit.
Marischka, sa maman qui le couve et qui ne le voit pas grandir, s’assure qu’Erjon a bien des protections de genoux sous le jean épais, ses gants renforcés de gardien de but, une chaude écharpe de laine et le nouveau casque acheté par son père, sous-directeur au Service des Immondices de la Ville.
Ainsi affublé, « Superman », comme l’appelle son pote Marek, Erjon, quinze ans mais qui en paraît douze à cause de sa petite taille, se rend fièrement vers la plaine de jeux. Fier, il l’est assurément, ses parents n’occupent-ils pas des emplois autrement respectables que les ternes fonctions jadis imposées par la RDA ? Ce n’est pas la maman, aujourd’hui secrétaire de direction au prestigieux zoo de Berlin qui dira le contraire, elle qui a été contrainte comme des milliers de femmes de l’Est, à collaborer officieusement avec la Stasi, la lugubre police secrète d’État coupable de toutes les exactions imaginables pour contrôler la population !
Les grands sont déjà là et monopolisent les pistes du Skatepark ! Tous ceux qui ne font pas partie de la bande doivent se contenter de les admirer depuis le bord des tremplins.
- Hé ! Le russe ! Tu te crois dans la taïga équipé comme ça ?
Erjon fait mine d’ignorer l’invective habituelle. Surtout ne pas répondre, ce qui leur permettrait d’ironiser plus encore son sur accent de l’Est ! Les berlinois de l’Ouest n’ont pas vu arriver ces « russes » d’un bon œil, allemands souvent surqualifiés mais habitués à toutes les compromissions pour obtenir un statut plus enviable…
Avec Marek, il ne s’attarde pas et décide de rejoindre la piste de la Friedensburg-Oberschule, l’établissement d’enseignement secondaire qu’ils fréquentent tous les deux. D’autres skateboarders, qui ont également fuit les voyous, dévalent déjà les rampes installées dans la cour accessible de l’école et exhibent la variété de leurs figures…
- Oh regarde ! Pétra est là !
- Tu m’étonnes ! Elle te suit comme un petit chien !
- Salut les garçons ! Je suis passée par le Skatepark mais je me suis doutée que vous seriez ici…
- T’as pas ta planche ?
- Ma mère ne veut pas que je rentre quand il fait noir. Je ne peux pas rester longtemps...
- Si tu veux, tu peux prendre la mienne…
- Tu ne vois pas que je suis en jupe ?
Erjon rougit et bafouille,
- Si, bien sûr, mais, euh, tu vas t’ennuyer à nous regarder…
⁎
Prologue : 530 mots.
(604 mots avec la fiche d’identité)

Bonsoir Yan,
RépondreSupprimerTon prologue met en scène un jeune garçon à la personnalité déjà bien riche.
Voici mes suggestion pour encore l'étoffer :
1. Qualité : Fidélité
2. Pire honte : Il a été surpris à voler à l'étalage.
3. Objet fétiche : le ticket d'un concert des Rolling Stones.
Bonne continuation,
Cathy
Bonjour Jan,
RépondreSupprimerComme toujours avec toi, l'écriture est prenante et dévoile bien la situation. C'est plein de fraicheur (et pas seulement à cause de la météo). Erjon est un gamin sympa qui est confronté à un monde parfois hostile mais qui a des amis sur lesquels compter.
Tout sonne juste et est, comme toujours, bien documenté.
Voici mes suggestions :
Défaut : une timidité foncière (qu'il essaie de cacher en cranant).
Plus grande fierté : être un des meilleurs sprinters de son école. Si sa petite taille est un obstacle pour certains sports, là il excelle.
Objet fétiche : un appareil photo fabriqué en Allemagne de l'est, un Praktica, argentique qui plus est. Quand il ne fait pas de skate, Erjon adore photographier des coins de Berlin qui l'inspirent.
Pire honte : avoir eu longtemps des problèmes d'énurésie étant petit. Et encore maintenant une émotion trop vive lui donne envie d'uriner.
J'ai vraiment hâte de lire ce que ta vive imagination va nous offrir.
Amitiés,
José
Bonjour Jan,
RépondreSupprimerJe suppose que tu situes tes personnages peu après la chute du mur de Berlin. Les parents de Erjon ne risquent-ils pas, à un moment ou un autre, de se voir reproché si pas d’être poursuivi pour avoir collaboré /avoir travaillé pour/avec la Stasi ?
Erjon, jeune gars de 15 ans qui en parait 12 est appelé Superman par son copain Marek. Par dérision ? Et comment Erjon accepte-t-il ce surnom ?
Et puis, il y a la jolie Petra. Une histoire d’amour en perspective ?
Bravo, très bon début. Je suis curieux de lire le développement de ta nouvelle.
Christian
Bonsoir Jan,
RépondreSupprimerC'est toujours un plaisir de te lire !
Tu nous fait découvrir un gamin bien sympathique qui a déjà compris la loi du plus fort. On le sent vulnérable, sensible et timide.
Tes scènes sont vivantes et les dialogues apportent beaucoup de fluidité.
Peut-être pourrais-tu faire soliloquer la mère et Erjon quant au contexte historique et social. Cela permettrait de conserver le fil émotionnel.
On l'aime déjà ce gamin!
Pour élargir le portrait, je te propose ceci:
- sa grande qualité: son amour inconditionnel pour sa mère
- sa plaie secrète: ne connait pas son père biologique
- son animal favori: un rat
A très bientôt!
Colette
Bonjour Jan,
RépondreSupprimerTu nous emmènes chaque année dans un nouvel univers ! Voici une famille passée à l'Ouest, formatée par un système qui les rend peu sympathiques à leurs compatriotes. Tu déconstruis l'idée que je m'étais faite à voir la liesse des Allemands à la chute du mur et à la réunification.
Le rêve d'Erjon pourrait être de devenir champion de skate pour damer le pion aux grands qui se moquent de a taille et de ses origines. Sa mère n'est-elle pas trop protectrice ? Ne voudra-t-il pas se défaire du regard qu'elle porte sur lui, de cet amour qui l'encombre ? Ne va-t-il pas faire une "action d'éclat" qui aurait des conséquences qui le dépassent ? Sa honte pourrait être liée au passé de sa mère à la Stasi. Ce passé est-il connu ?
Voilà une histoire qui commence bien avec des personnages pour qui on éprouve d'emblée de la sympathie. Une famille ordinaire qui semble unie. Pour l'instant...
A bientôt le plaisir de lire la suite !
Marie-Claire
Bonjour, Jan,
RépondreSupprimerUne fois de plus tu m'épates par la complexité, l'originalité du profil de ton personnage! Vraiment sympa, ce jeune sportif!
Mais j’ai le pressentiment que son côté « gentil gamin » nous réserve des surprises, il aime bousculer les apparences, les interdits, non?
Que dire du style ? Clair, direct, toujours aussi agréable à découvrir.
Suggestions pour son profil :
Qualité : Courageux
Défaut : Souvent assez content de lui
Toc : il se passe souvent la main dans les cheveux pour se donner bonne contenance.
Animal de compagnie : une araignée maintenue en vivarium.
Bon courage, étonne-nous une fois de plus.
Amicalement,
Micheline.
Bonjour Jan,
RépondreSupprimerUn prologue en deux parties : la première explicite la fiche, la seconde nous fait vivre un moment précis dans la vie d’Erjon et nous montre d’emblée le contexte de harcèlement qui lui pourrit la vie. Un point lumineux : la dernière réplique nous fait comprendre qu’il est amoureux de Pétra, mais surtout elle suggère habilement la timidité cet amour adolescent : le mot « jupe » suffit à le faire rougir.
Un souci avec « … ses parents n’occupent-ils pas des emplois autrement respectables que les ternes fonctions jadis imposées par la RDA ? Ce n’est pas la maman, aujourd’hui secrétaire de direction au prestigieux zoo de Berlin qui dira le contraire, elle qui a été contrainte comme des milliers de femmes de l’Est, à collaborer officieusement avec la Stasi, la lugubre police secrète d’État coupable de toutes les exactions imaginables pour contrôler la population ! »
Tu amalgames l’ennui de « ternes fonctions » et la honte d’avoir « collaboré à des exactions ». Je pense que tu devrais revoir ce paragraphe et séparer clairement les deux notions : honte et culpabilité. Par ailleurs, l’expression « autrement respectables » me semble trop familière dans le contexte d’une écriture soutenue qui expose le point de vue de l’auteur
J’ai l’impression qu’Erjon nous fera sourire te nous émouvra tour à tour, peut-être parfois en même temps. En tous cas, je suis curieuse de connaître son vécu.
Dans ton premier chapitre, sous le signe du blanc, il sera confronté à un outil ou à une pièce de vaisselle qui sera liée à un succès.
Bon travail,
Liliane
Oui, c'est chouette d'aborder un personnage de petit gars en devenir... A qui on attribue une identité dont il n'est pas responsable. Se rend-t-il compte, lui, de ce qu'a été la vie de ses parents? En quoi le comportement nouveau des parents l'influence-t-il? Berlin? Ville de toue les possibles... Victime de son histoire, symbole d'une époque. Tritse époque qui laisse encore aujourd'hui des traces indélébiles...
RépondreSupprimerqui sont à nouveau d'actualité? Il est mimi ce petit gars. Il est un gars d'aujourd'hui face à son futur...