Parfum Rouge Épreuve
- Alors, tu lui as mis un ruban ou un collier à ton monstre ?
- Un ruban à un rat, non mais ! Viens chez moi, tu verras par toi-même comme ce « monstre » est câlin…
- Beurk, ne compte pas sur moi pour le caresser, ton Carolus !
- Mes parents ne sont pas là. J’ai caché une bouteille de schnaps dans ma chambre…
- Oh ! Je ne bois pas ça, tu as du Coca ?
- Schnaps et Coca, très bon mélange ! Tous les copains en boivent, C’est Marek qui me l’a fait boire en premier…
- Je ne veux pas le croire !
Pétra s’est laissé entraîner. Elle a goûté à la mixture trop corsée d’Erjon. Elle est dans la salle de bain et a vomi avant d’avoir pu atteindre la cuvette des WC !
Erjon a déjà sorti torchon, seau et raclette et attend qu’elle veuille bien quitter la salle de bain où elle traîne… Il s’inquiète, l’heure avance et ses parents ne vont plus tarder
Soudain un cri !
Pétra s’est enfermée sans le savoir avec Carolus ! Celui-ci lèche avec régal ce qu’elle a régurgité accidentellement autour de la cuvette…
- Erjon ! Ton rat, il… C’est dégoûtant !
- Ouvre, Pétra ! Mes parents arrivent !
- Chasse ce rat que je finisse de me rafraîchir…
- Pas le temps ! Je dois nettoyer…
- C’est la première et dernière fois que je viens chez toi !
La porte de la salle de bain ouverte, Carolus cesse de se régaler et s’échappe rapidement, Pétra qui a enlevé sa robe, la nettoie dans le lavabo. Elle est en sous-vêtements, petit slip et mini soutien-gorge couvrant une poitrine à peine naissante…
Erjon reste pétrifié, gêné, le visage écarlate, incapable de maîtriser un début d’érection, la première causée par une autre image que celle des catalogues de vente par correspondance de lingerie féminine envoyés régulièrement à sa mère…
Pétra l’aperçoit dans le miroir, se retourne vers lui, effrontée :
- Tu n’as jamais vu une fille ?
- Non ! Enfin si… Euh…
- Tu ne diras rien, d’accord ? Il marche comment ce sèche-linge, tu le sais ?
Erjon se précipite vers la machine, y glisse la robe et la met en marche, fonction séchage !
Pendant ce temps, Pétra remise de ses nausées, passe en revue les flacons de parfum exposés sur une étagère.
- Wouah ! Ta mère en a une collection ! Elle a même du Chanel N°5, ça vaut une fortune ! Je peux sentir ?
Elle se saisit du lourd flacon et l’ouvre maladroitement. Voulant rattraper le bouchon qui s’échappe, elle heurte la bouteille contre le lavabo. Elle explose répandant son odeur onéreuse dans la pièce en couvrant à peine les relents de ce que Pétra a recraché ! Erjon hurle de colère et la pousse brutalement hors de la salle de bain. La machine avec la robe tourne toujours…
C’est à cet instant que la porte de l’appartement s’ouvre et laisse passer les parents du garçon.
- Que se passe-t-il ici ? De l’alcool, bravo ! Et c’est quoi cette odeur ?
Pétra, en petite tenue, pleurniche et tente maladroitement de masquer sa presque nudité. Erjon est encore dans la salle d’eau à nettoyer les dégâts…
- Erjon ! Ici ! Immédiatement !
- Je peux tout expliquer… C’est de ma faute…
Affublée de sa robe tout juste essorée et chiffonnée, Pétra quitte l’appartement, prend l’ascenseur pour redescendre chez ses parents, honteuse et pleine de ressentiments envers elle-même pour n’avoir pu refuser de boire la mixture d’Erjon…
Celui-ci, après avoir été tancé vertement par son père, subit maintenant les doléances de sa mère pour la perte de son Chanel N°5 qu’elle n’est pas près de pouvoir remplacer vu son coût prohibitif…
Entre rage et dépit, Erjon se promet qu’il n’est pas près de renouveler une pareille invitation…
⁎
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Bonjour Jan,
RépondreSupprimerVoilà une scène d’ados intéressantes et qui – me semble t’il - respecte les consignes de notre chère Liliane. Bien.
Perso j’ai toujours préféré mélanger mon coca avec du whisky mais bon, tous les goûts sont dans la nature.
Quoiqu’il en soit, cette tendre et juvénile Petra a une solide gueule de bois au point de donner une nourriture totalement personnelle à ce beau Carolus qui n’en demandait pas tant. En récompense il a donné une belle frousse à Petra, notre belle fleur en devenir qui a, involontairement gratifier Erjon d’un début d’érection. Beni soit-il.
Et pauvre maman, j’espère pour elle que le Chanel 5 n’était que de l’eau de toilette et non le parfum hors de prix.
Bravo et au plaisir de lire la suite des aventures de tes ados.
Cordialement, Christian
Bonjour Jan,
RépondreSupprimerQuelle scène vivante entre Erjon, Pétra et Carolus ! Tout s’enchaîne tel un jeu de domino et vire à la catastrophe. L’arrivée des parents alors que tout est encore sens dessus-dessous, l’odeur du vomi à laquelle s’ajoute celle du Chanel n°5 … une belle trouvaille. Comment Erjon va-t-il réparer sa relation avec Pétra et se débrouiller pour remplacer le parfum de sa mère ?
Au plaisir de lire la suite,
Cathy
Bonjour Jan,
RépondreSupprimerChristian résume bien cet épisode tragi-comique !
On en fait des bêtises quand on a quinze ans et celle-ci a dû être faite par plus d'un ado.
Bravo pour le mélange inattendu des parfums !
Comment vas-tu nous surprendre la prochaine fois ?
Bien à toi,
Michel.
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
RépondreSupprimerC'est rigolo! Cela rappelle nos propres bêtises à ces âges! Ton texte est enlevé, rapide. Les actions s'enchaînent parfaitement et même si l'on s'attend à l'arrivée forcée des parents... cela fait sourire! Et on ressent l'angoisse des deux jeunes! Chouette
RépondreSupprimerBonjour Jan,
RépondreSupprimerComme habitude, tu nous captives par ton style direct et crédible où les dialogues sont bien ancrés dans le langage des ados.
La progression dans l'histoire est efficace. Chaque scène aggrave la précédente. Et la montée en puissance est attendue par le lecteur qui espère que les parents vont perdre du temps dans l'escalier ou l'ascenseur ...Même pas! Tu nous montres les jeunes dépités et honteux tandis que la mère affiche sa colère pour la casse de son Chanel n° 5.
Les sens sont bien mis en éveil , ce qui suscite notre intérêt !
Ton texte est fort car il nous montre l'adolescence sans la romantiser. Bravo Jan, tes textes sont toujours attendus avec le plus grand plaisir!
Comment Erjon va-t-il retrouver grâce auprès de sa copine? Pas évident !
La suite au prochain numéro....
Je viens de me rendre compte que j'ai oublié de signer mon petit commentaire, Jan.
RépondreSupprimerColette
Bonjour, Jan,
RépondreSupprimerTu nous plonges une fois de plus dans une situation totalement originale.
L’atout, me semble-il, c’est que même la scène dégage une odeur nauséabonde - le climat respire une ambiance de juvénilité.
De même que les commentaires et le style direct traduisent avec efficacité la fraîcheur immature des ados.
Mais, de quoi sera fait l’avenir? Comment Erjon s’y prendra-il- pour réunir les copains? Et, qui sait… pour les dévergonder un tantinet?
Aucune crainte pour la suite, tu as une plume des plus imaginative!
Amicalement,
Micheline.
Bonjour Jan
RépondreSupprimerUn texte drôle et tendre à la fois. Et surtout tellement vivant. On voit la scène, on la sent aussi !
Après les ados tueurs d’il y a deux ans, voici les ados maladroits et un peu trash, nettement plus sympas.
J’ai l’impression que Petra n’a pas fini de mettre le timide Erjon dans des situations aussi embarrassantes que, sans doute, tentatrices !
Christian remarque que tu respectes les consignes et Micheline que tu as une plume des plus imaginative. Et si l’un contribuait à l’autre ?
Une phrase de ton texte me donne l’envie de la décortiquer parce qu’elle me semble un bon exemple de petites maladresses et que cela peut être utile à tous. J’espère que tu ne m’en voudras pas.
« Elle explose répandant son odeur onéreuse dans la pièce en couvrant à peine les relents de ce que Pétra a recraché ! »
Elle : jusque là « elle » c’était Pétra. Il faut donc changer le sujet : le flacon
« répandant… couvrant » deux participes présents : à éviter, même un seul alourdit une phrase
« odeur onéreuse » correct mais peu connoté, j’emploierais des termes plus « précieux »
« dans la pièce » inutile, ce ne peut pas être ailleurs
« de ce que Pétra a recraché » la périphrase me semble inutile et affaiblit le contraste
Je te proposerais quelque chose genre :
« Le flacon explose et répand ses précieux effluves qui peinent à couvrir les relents du vomi de Pétra! »
Dans ton prochain texte, qui sera sous le signe du bleu, un accessoire vestimentaire -gant, chaussure, chapeau, écharpe… - tiendra le rôle principal à mettre en relation avec un souvenir.
Bon travail,
Liliane
Bonjour Jan,
RépondreSupprimerExcellente évocation de l'adolescence, de sa volonté d'agir comme les adultes, de ses troubles et de ses émois.
Tout sonne juste.
Comment ces deux ados, Erjon et Petra vont vivre avec la scène qui s'est déroulée. Va-t-elle les séparer ou les rapprocher ?
Te lire est toujours un plaisir. Amitiés,
José
Bonjour Jan,
RépondreSupprimerWaw remarquable scène qui m'a happée par la scène . L'univers ado est bien rendu excellent. Ce qui s'est passé entre ces 2 ado va soit les rapprocher soit les éloigner l'un de l'autre. Quant au rat avec ou sans ruban rouge même parfumé sans ne change rien pour moi: beuurk mais très drôle!
Bravo! Merci .
Nadera
Bonjour Jan,
RépondreSupprimerLe premier texte nous avait présenté Erjon au milieu de ses copains ou avec son prof, dans son monde d'ados. Celui-ci affine le portrait en le montrant dans ses premières expériences : rébellion contre son éducation en buvant de l'alcool, découverte du corps d'une fille... et tout cela tourne au fiasco dans les vomissements de Pétra, sa robe qui sort toute chiffonnée de la machine, le Chanel n°5 explosé par terre et le retour des parents. Cette cascade de catastrophes est bien observée et tellement drôle, c'est sûr que les relations copain-copain entre Erjon et Pétra vont s'en trouver changées ! Amuse-nous encore !
Marie-Claire